La dernière réforme des retraites, entrée en vigueur le 1er septembre 2023, a allongé la durée de cotisation pour tout le monde et a reculé l’âge légal de la retraite. Pour bien comprendre le fonctionnement de la retraite, il faut retenir que ce sont un âge et une durée de cotisation qui déterminent les droits, sachant qu’il existe de nombreuses spécificités et cas particuliers (régimes complémentaires, fonctionnaires, etc.).
À quel âge peut-on prendre sa retraite ?
L’âge légal
L’âge minimum auquel il est possible de demander sa retraite est désormais fixé à 64 ans pour les personnes nées à compter du 1er janvier 1968, avec un allongement progressif pour les personnes nées entre 1955 et 1968.
L’âge du taux plein
Il n’a pas changé et reste fixé à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres cotisés : le montant maximum de retraite correspondant à la carrière est perçu à partir de cet âge. Il est possible d’obtenir le taux plein entre 64 et 67 ans si le nombre minimum de trimestres est atteint entre-temps.
Le départ anticipé pour carrière longue, handicap ou pénibilité
À compter du 1er septembre 2023, il est possible d’obtenir le taux plein (sans décote) pour un départ anticipé au titre de la carrière longue, sous réserve d’avoir validé 4 ou 5 trimestres avant 16, 18, 20 ou 21 ans. Certains travailleurs peuvent également partir plus tôt du fait d’un handicap, ou au titre de la pénibilité (incapacité permanente, compte professionnel de prévention ou amiante).
Combien de trimestres faut-il avoir travaillé pour prendre sa retraite ?
La durée minimale requise
Elle est portée à 43 ans, soit 172 trimestres, à compter du 1er septembre 2023.
Les trimestres qui comptent (hors régimes de retraite en points)
Le décompte des trimestres validés dépend de la nature de la période considérée : période travaillée (cotisée), périodes assimilées (maladie, chômage, service militaire…). Dans le régime de base de la Sécurité sociale et pour les travailleurs indépendants, le nombre de trimestres validés sur une année cotisée dépend du montant du salaire brut touché. Depuis le 1er janvier 2014, un trimestre est validé par fraction de salaire égale à 150 fois le SMIC horaire en vigueur au 1er janvier, sans jamais dépasser 4 trimestres par an (6 762 € bruts pour 2023). Des trimestres supplémentaires sont acquis en cas de maternité, congé parental, maladie, chômage involontaire ou invalidité, sous certaines conditions et limites. Il est également possible de racheter des trimestres dans certains cas.
Comment se calcule la retraite ?
Il existe un très grand nombre de régimes différents. Il est obligatoire de s’affilier à un régime de base et à un régime complémentaire obligatoire, qui dépendent de chaque profession : il est donc fréquent d’avoir cotisé à différents régimes durant sa carrière. Il faut commencer par recenser les régimes auxquels on a été affilié pour évaluer le montant des pensions à venir, dont le calcul est complexe en raison de la diversité des règles.
Le régime de base
Pour le régime de base, le montant de la pension est en général égal à 50 % de la moyenne des 25 meilleures années de rémunération, tous régimes confondus. Chaque salaire annuel entrant dans cette moyenne est limité au PASS de l’année concernée (plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 43 992 € pour 2023). Une personne qui n’a pas validé tous ses trimestres subira une décote et ne touchera pas 50 % de cette moyenne ; à l’inverse, une personne ayant plus de trimestres que le minimum requis bénéficiera d’une surcote.
Le régime complémentaire
Pour les régimes complémentaires, on acquiert le plus souvent un certain nombre de points chaque année, en fonction de la rémunération perçue (sans plafond), ensuite transformés en euros selon la valeur du point au jour de la prise de retraite. Pour l’Agirc-Arrco (salariés), il existe une décote temporaire de 10 % durant les trois premières années de retraite dans certains cas.
La réversion pour le conjoint du retraité décédé
Lorsque plusieurs conjoints sont bénéficiaires de la pension de réversion (conjoint survivant et ex-conjoint(s) divorcé(s)), chacun touche une pension de réversion proratisée à la durée de son mariage. Des conditions s’appliquent selon les régimes : un âge minimum de 55 ans, le non-remariage de l’ex-conjoint, un plafond de revenus.
Peut-on travailler en étant retraité ?
La liquidation de la retraite
Pour percevoir sa retraite, il faut arrêter toute activité et demander la liquidation de la retraite, à l’âge légal ou de manière anticipée pour carrière longue, parfois auprès de plusieurs organismes différents. Il est important de vérifier, avant la demande, que le relevé de carrière est juste, et de demander les corrections éventuelles avant de solliciter la retraite, afin que le bon montant soit versé.
Le cumul emploi-retraite
Une fois la retraite liquidée, il est possible de continuer à percevoir une rémunération. Celle-ci est plafonnée à un certain niveau de revenus si l’âge du taux plein (avec tous les trimestres) n’est pas atteint. D’autres conditions existent selon les régimes de retraite en question.
FAQ – Fonctionnement de la réforme des retraites
À quel âge peut-on partir à la retraite depuis la réforme de 2023 ?
L’âge légal minimum est fixé à 64 ans pour les personnes nées à compter du 1er janvier 1968, avec un allongement progressif pour les générations nées entre 1955 et 1968. L’âge du taux plein automatique reste à 67 ans.
Combien de trimestres faut-il pour une retraite à taux plein ?
La durée minimale requise est portée à 43 ans, soit 172 trimestres, depuis le 1er septembre 2023.
Comment est calculée la pension du régime de base ?
Elle est en général égale à 50 % de la moyenne des 25 meilleures années de rémunération, plafonnées au PASS de l’année concernée, avec une décote en cas de trimestres manquants ou une surcote en cas de trimestres excédentaires.
Peut-on cumuler emploi et retraite ?
Oui, une fois la retraite liquidée, il est possible de continuer à percevoir une rémunération, plafonnée à un certain niveau si l’âge du taux plein n’est pas atteint.
Existe-t-il des départs anticipés pour carrière longue ?
Oui, sous réserve d’avoir validé 4 ou 5 trimestres avant 16, 18, 20 ou 21 ans, ainsi que des dispositifs spécifiques liés au handicap ou à la pénibilité.
