Une entreprise qui a rémunéré ses collaborateurs, réglé ses dettes, investi, doté ses réserves et gratifié ses dirigeants et associés peut se retrouver avec un excédent de trésorerie. Cette trésorerie stable, non nécessaire pour financer le besoin en fonds de roulement, dort parfois sur un compte bancaire non rémunéré. On peut alors se demander s’il existe des placements intéressants pour la valoriser.
Les statuts de la société permettent-ils au dirigeant de placer la trésorerie ?
Il convient de commencer par la lecture des statuts de la société : si le dirigeant réalise des placements non conformes à l’objet social de l’entreprise, il peut engager sa responsabilité, notamment au titre d’un acte anormal de gestion. Les statuts peuvent être aménagés pour permettre au dirigeant de prendre des participations et/ou de réaliser des placements.
Placement de trésorerie : de combien parle-t-on ?
Il faut veiller à bien segmenter la trésorerie en fonction des besoins de mobilisation, sous quelques jours, semaines ou mois (investissements prévus, baisse d’activité à anticiper…), ou sur plusieurs années pour la trésorerie stable et non nécessaire à l’activité. Comme pour tout placement, plus la durée est longue, plus le rendement recherché peut être élevé. Les solutions d’investissement diffèrent en fonction des montants à investir et de la durée de placement à respecter.
Solutions d’investissement : choisir le support adapté
La question clé est de savoir quand les sommes placées pourront être récupérées, à mettre en regard du rendement attendu par rapport au risque pris (capital garanti ou non).
Placer sa trésorerie à court terme (quelques mois)
- CAT / DAT (compte ou dépôt à terme) : durée minimale d’un mois, taux fixé contractuellement et évoluant en fonction de l’Euribor, acquis uniquement si l’on va au terme du placement ; pas de frais, capital garanti.
- SICAV monétaires : rendement lié à l’Euribor ; en tenant compte des frais de compte-titres, le rendement des sommes investies peut être négatif en période de taux bas.
Placer sa trésorerie à moyen-long terme (plus de 3 ans)
- Titres participatifs de coopérative : la Banque des Territoires (groupe Caisse des Dépôts) s’associe depuis 2018 à une société coopérative d’investissement collectif (SCIC) dédiée au maintien à domicile des personnes âgées via le viager solidaire ; rendement fixe évolutif (2,409 % la première année, 2,75 % la 5ᵉ année par exemple) avec une part variable selon les résultats, sur une durée prévue de 7 ans, les titres pouvant être cédés sans frais à un tiers.
- Produit structuré ou obligation remboursable : intéressants à partir de 3 ans de détention, avec une garantie en capital à 3 ans et un coupon annuel de l’ordre de 2 à 2,4 %. Le produit structuré est valorisé quotidiennement et donc liquide, mais la garantie en capital n’est acquise qu’au 3ᵉ anniversaire. L’obligation remboursable est un produit très sécurisé (risque 1 sur 7 selon l’échelle AMF), adossé à une banque de renom, à durée fixe et capital garanti à l’échéance.
- Contrat de capitalisation : allocation d’actifs sur-mesure construite par un professionnel sur un profil prudent ou équilibré, via des OPCVM sélectionnés selon différentes classes d’actifs, zones géographiques et secteurs d’investissement.
- SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) : placement d’au moins 8 à 10 ans, adapté à l’entreprise patrimoniale ayant une forte visibilité sur sa trésorerie. Les SCPI investissent dans l’immobilier d’entreprise (bureaux, entrepôts, locaux commerciaux, murs de cliniques, logistique…) et servent un loyer trimestriel. La trésorerie peut permettre d’acquérir des parts en pleine propriété, ou l’usufruit temporaire de ces parts (5 à 10 ans) pour une société à l’IS, qui peut alors amortir comptablement les parts acquises et diminuer son IS.
Après un travail de segmentation de la trésorerie au regard des besoins de l’entreprise mené avec l’expert-comptable, Maud ESCOFFIER, spécialiste en gestion patrimoniale, et son équipe peuvent accompagner le dirigeant dans cette démarche de placement.
FAQ – Placement de trésorerie d’entreprise
Un dirigeant peut-il placer librement la trésorerie de son entreprise ?
Non, un dirigeant doit d’abord vérifier que les statuts de la société autorisent ce type de placement. Réaliser des placements non conformes à l’objet social peut engager sa responsabilité, notamment au titre d’un acte anormal de gestion.
Comment choisir entre un placement à court terme et un placement à long terme ?
Le choix dépend de la segmentation de la trésorerie selon les besoins de mobilisation : les sommes nécessaires à brève échéance relèvent de solutions court terme comme les CAT/DAT ou SICAV monétaires, tandis que la trésorerie stable peut viser des durées plus longues avec un rendement potentiellement plus élevé.
Quels placements de trésorerie garantissent le capital investi ?
Le CAT/DAT (compte ou dépôt à terme) garantit le capital sans frais, à condition d’aller au terme du placement. L’obligation remboursable est également très sécurisée (risque 1 sur 7 selon l’échelle AMF), avec un capital garanti à l’échéance fixée.
Les SCPI sont-elles adaptées à la trésorerie d’entreprise ?
Les SCPI conviennent à une trésorerie stable et à un horizon de placement long (8 à 10 ans minimum). Une société à l’IS peut acquérir des parts en pleine propriété ou en usufruit temporaire, ce qui permet d’amortir comptablement les parts et de diminuer son IS.
Qui peut accompagner une entreprise dans sa stratégie de placement de trésorerie ?
Un travail de segmentation de la trésorerie mené avec l’expert-comptable, puis un accompagnement par un spécialiste en gestion patrimoniale, permet de définir la stratégie de placement la plus adaptée aux besoins et à l’horizon de trésorerie de l’entreprise.
