Comment placer la trésorerie de votre entreprise ?


Une entreprise qui a rémunéré ses collaborateurs, réglé ses dettes, investi, doté ses réserves, et gratifié ses dirigeants et associés peut se retrouver avec un excédent de trésorerie.
Cette trésorerie stable et non nécessaire pour financer le besoin en fonds de roulement dort parfois sur un compte bancaire non rémunéré.
On peut alors se demander s’il existe des placements intéressants pour la réveiller !

Les statuts de la société permettent-ils au dirigeant de placer la trésorerie ?

Il conviendra de commencer par la lecture des statuts de la société, car si le dirigeant réalise des placements non conformes à l’objet social de l’entreprise, il peut engager sa responsabilité (acte anormal de gestion notamment).
Les statuts de la société pourront être aménagés pour permettre à son dirigeant de prendre des participations et/ou de réaliser des placements.

Placement de trésorerie : de combien parle-t-on ?

Il faut veiller à bien segmenter la trésorerie en fonction des besoins de mobilisation sous quelques jours, semaines, ou mois (investissements prévus, baisse d’activité à anticiper…), ou années (trésorerie stable et non nécessaire à l’activité).
Comme pour tout placement, plus vous souhaiterez rémunérer votre trésorerie, plus il faudra allonger la durée de placement.

En fonction des montants à investir et de la durée de placement à respecter, les solutions d’investissement diffèrent.

Solutions d’investissement : choisir le support adapté !

La question clé est : quand peut-on récupérer les sommes placées ?
Il faut bien entendu la coupler au rendement attendu par rapport au risque pris (capital garanti ou non).

Placer sa trésorerie à court terme (quelques mois) :

  • CAT / DAT (compte à terme / dépôt à terme) :
    En principe, plus la trésorerie reste longtemps sur le dépôt, plus elle rapporte. En ce moment, les taux sont toutefois proches de zéro en raison de la faiblesse des taux d’intérêts. La durée minimale de placement est d’un mois et le taux de rendement, évoluant en fonction de l’Euribor, est fixé contractuellement au départ. Il n’est toutefois acquis que si l’on va au terme du placement. Il n’y a pas de frais et le capital est garanti.
  •  SICAV monétaires :
    Le rendement de ces fonds est lié à celui de l’Euribor, qui est le taux d’intérêt moyen auquel un panel représentatif de banques européennes se prête de l’argent en euros. Il est actuellement négatif… Avec les frais du compte titres au sein duquel les SICAV sont logées, le rendement des sommes investies est donc négatif en ce moment.

Placer sa trésorerie à moyen-long terme (plus de 3 ans) :

  • Titres participatifs de coopérative :
    La Banque des Territoires (Groupe Caisse des Dépôts et Consignations) s’associe depuis 2018 à une société coopérative d’investissement collectif (SCIC) qui œuvre dans le maintien de personnes âgées à domicile, grâce au viager solidaire. Les titres participatifs sont une catégorie d’instruments financiers permettant de fournir à certaines entreprises un moyen de collecte de l’épargne à long terme adapté à leurs besoins.
    Peu de distributeurs sont partenaires et susceptibles de proposer cet investissement dont le rendement fixe est de 2,409% la première année ; évolue au fil des années (2,75% la 5ème année par exemple) ; et auquel une partie variable peut s’ajouter selon les résultats.
    Prévu pour durer 7 ans, il est toutefois possible de céder les titres sans frais à un tiers, qui récupère le rendement amélioré pour la durée restante.
  •  Produit structuré ou obligation remboursable :
    Intéressants à partir de 3 ans de détention en ce moment, ces produits peuvent offrir une garantie en capital à 3 ans, avec un coupon garanti et versé chaque année entre 2 et 2,4% environ.
    Le produit structuré est valorisé tous les jours et est donc liquide (la sécurité du capital n’est toutefois acquise que le jour du 3ème anniversaire, et, si l’on sort de manière prématurée, c’est à la valeur du jour de sortie que l’on récupère ses fonds, celle-ci pouvant être supérieure ou inférieure à la souscription). Il est adossé à une liste d’obligations dites « Investment grade », c’est-à-dire les mieux notées sur un critère de risque de défaut de remboursement. On peut avoir des rendements bien supérieurs si on limite la sécurité à un pourcentage de baisse maximale d’un indice par exemple.
    L’obligation remboursable quant à elle, est un produit très sécurisé (risque 1 sur 7 pour l’AMF), que nous adossons à une banque de renom, et qui peut être remboursé par l’émetteur de manière anticipée, mais pas à l’initiative de l’investisseur. Il est donc à durée fixe, avec un capital garanti à l’échéance.
  • Contrat de capitalisation :
    Une allocation d’actifs sur-mesure (c’est-à-dire une sélection de fonds) peut être construite par un professionnel, sur un profil prudent ou équilibré. Les OPCVM – Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières – (fonds comprenant plusieurs valeurs boursières) seront sélectionnés à partir de différentes classes d’actifs : actions, obligations…, zones géographiques, secteurs d’investissements, etc.
  • SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) :
    Il s’agit d’un placement pour au moins 8 à 10 ans, car il s’agit d’immobilier. C’est une bonne solution pour l’entreprise patrimoniale qui a une forte visibilité sur sa trésorerie.
    Les SCPI sont des sociétés civiles de placement immobilier qui investissent dans de l’immobilier d’entreprise de grandes métropoles françaises et européennes : bureaux, entrepôts, locaux commerciaux, murs de cliniques et maisons médicales, logistique, etc., et servent un loyer trimestriel sans contraintes à leurs porteurs de parts.
    La trésorerie peut permettre d’acquérir des parts de SCPI en pleine propriété, dont la société restera propriétaire et qu’elle conservera pour le rendement servi qui dépasse largement ce que peuvent offrir les produits financiers (4 – 4,50% / an environ).
    La société à l’IS (impôt sur les sociétés) a également le choix de n’acquérir que l’usufruit de ces parts de SCPI, de manière temporaire, sur une durée de 5 ou 10 ans. Elle peut ainsi, en plus du loyer perçu, amortir comptablement les parts achetées et donc diminuer son IS. Le dirigeant, personne physique, pourra trouver un intérêt patrimonial à acheter la nue-propriété contrepartie de cet usufruit, car cela lui permettra de réaliser une acquisition décotée, non taxable à l’IFI le temps du démembrement, et de récupérer la pleine propriété gratuitement et automatiquement au terme.

Après un travail de segmentation de votre trésorerie au regard des besoins de votre entreprise avec votre expert-comptable, notre spécialiste en gestion patrimoniale Maud Escoffier et son équipe peuvent vous accompagner dans cette démarche de placement, n’hésitez pas à les contacter .

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