Entreprise en difficulté : quelles procédures selon votre situation ?
Les difficultés financières peuvent concerner toute entreprise, quelle que soit sa taille ou son secteur d’activité. Lorsqu’elles apparaissent, il est important d’agir rapidement afin de préserver l’activité et d’éviter une aggravation de la situation.
Le choix de la procédure dépend principalement d’un critère : l’entreprise est-elle ou non en état de cessation des paiements ? Selon la réponse, différentes solutions peuvent être envisagées.
Les procédures préventives : agir avant la cessation des paiements
Lorsqu’une entreprise rencontre des difficultés mais reste en mesure de régler ses dettes exigibles, elle peut recourir à une procédure préventive.
Ces dispositifs ont pour objectif d’aider le dirigeant à trouver des solutions avec ses créanciers tout en préservant la continuité de l’activité. Ils présentent plusieurs caractéristiques communes : l’initiative appartient au représentant légal de l’entreprise, la saisine s’effectue auprès du tribunal compétent et les intervenants sont tenus à une obligation de confidentialité.
Trois procédures peuvent être envisagées : le mandat ad hoc, la conciliation et la sauvegarde.
| Critères | Procédure de Mandat ad hoc | Procédure de Conciliation | Procédure de Sauvegarde |
|---|---|---|---|
| Cessation des paiements | Interdite | Autorisée si inférieure à 45 jours | Interdite |
| Autorité saisie | Président du tribunal | Président du tribunal | Greffe du tribunal |
| Intervenant | Mandataire ad hoc | Conciliateur | Administrateur judiciaire et mandataire judiciaire |
| Objectif | Négocier avec les créanciers | Obtenir un accord amiable avec les créanciers | Réorganiser l'entreprise et apurer le passif |
| Gestion de l'entreprise | Le dirigeant conserve tous ses pouvoirs | Le dirigeant conserve tous ses pouvoirs | Le dirigeant est assisté ou surveillé |
| Durée | Pas de limite légale | 4 mois renouvelables 1 mois | Période d'observation jusqu'à 18 mois puis plan jusqu'à 10 ans |
| Confidentialité | Totale | Oui, sauf homologation | Non |
| Publicité | Aucune | Publication au BODACC en cas d'homologation | Mention au Kbis |
| Accord des créanciers | Oui | Oui | Plan arrêté par le tribunal |
| Poursuites individuelles | Non arrêtées | Non arrêtées sauf décision du juge | Arrêtées |
| Suspension des intérêts | Non | Non | Oui |
| Déclaration des créances | Non | Non | Oui |
| Créances postérieures | Régime normal | Régime normal | Payées à échéance |
| AGS | Pas d'intervention | Pas d'intervention | Salaires antérieurs non couverts |
| Issue | Fin de mission du mandataire | Accord constaté ou homologué | Plan de sauvegarde |
| Évolution vers une autre procédure | Possible | Possible | Redressement ou liquidation judiciaire |
| Point fort | Confidentialité et souplesse | Accord amiable et négociation facilitée | Protection judiciaire renforcée |
| Point de vigilance | Pouvoir limité du mandataire | Publicité en cas d'homologation | Procédure publique et plus contraignante |
Le mandat ad hoc et la conciliation privilégient la recherche d’un accord amiable avec les créanciers. La sauvegarde offre quant à elle une protection judiciaire plus importante lorsque les difficultés deviennent plus complexes à surmonter.

Entreprise en cessation des paiements
Une entreprise est en état de cessation des paiements lorsqu’elle ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible.
Dans cette situation, le dirigeant doit déclarer la cessation des paiements auprès du tribunal compétent. Après examen de la situation, le tribunal ouvre soit un redressement judiciaire lorsque la poursuite de l’activité apparaît envisageable, soit une liquidation judiciaire lorsque le redressement est manifestement impossible.
Le redressement judiciaire ou la liquidation judiciaire
Le redressement judiciaire vise à permettre la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif. Une période d’observation est mise en place afin d’évaluer les perspectives de redressement et d’organiser la restructuration de l’entreprise.
La liquidation judiciaire intervient lorsque l’entreprise ne dispose plus de perspectives de redressement. Son objectif est alors de mettre fin à l’activité et de réaliser les actifs afin de désintéresser les créanciers dans les conditions prévues par la loi.
| Critères | Redressement judiciaire | Liquidation judiciaire |
|---|---|---|
| Situation de l'entreprise | Entreprise en cessation des paiements dont le redressement reste possible | Entreprise en cessation des paiements dont le redressement est manifestement impossible |
| Objectif | Sauver l'entreprise, maintenir l'emploi et apurer le passif | Mettre fin à l'activité et réaliser les actifs |
| Cessation des paiements | Oui (obligatoire) | Oui (obligatoire) |
| Poursuite de l'activité | Oui durant la période d'observation | Non en principe, sauf autorisation exceptionnelle et temporaire |
| Gestion de l'entreprise | Le dirigeant reste en fonction et peut être assisté par un administrateur judiciaire | Le dirigeant est dessaisi de l'administration de ses biens |
| Intervenants | Administrateur judiciaire et mandataire judiciaire | Liquidateur judiciaire |
| Durée | Période d'observation pouvant aller jusqu'à 18 mois | Poursuite éventuelle de l'activité : 3 mois renouvelables une fois |
| Plan possible | Plan de redressement ou plan de cession | Aucun plan de redressement |
| Sort des actifs | Conservation des actifs nécessaires à l'exploitation | Vente des actifs pour désintéresser les créanciers |
| Maintien de l'emploi | Objectif prioritaire | Objectif secondaire |
| Issue | Survie de l'entreprise ou cession de l'activité | Disparition de l'entreprise |
| Avantage principal | Protection judiciaire et possibilité de redressement | Apurement définitif du passif |
| Inconvénient principal | Procédure longue et contraignante | Disparition de l'entreprise |
Des solutions adaptées à chaque situation
Le choix de la procédure dépend de la situation de l’entreprise, notamment de l’existence ou non d’un état de cessation des paiements, de l’ampleur des difficultés rencontrées et des perspectives de redressement. Qu’il s’agisse d’une procédure préventive ou d’une procédure collective, chaque dispositif répond à des enjeux spécifiques et doit être envisagé au regard de la situation économique, financière et juridique de l’entreprise. Plus les difficultés sont identifiées et traitées en amont, plus les solutions mobilisables sont nombreuses et adaptées. Un accompagnement par des experts permet d’analyser la situation, d’identifier les leviers d’action pertinents et de sécuriser les démarches engagées afin de préserver au mieux la continuité de l’activité.

FAQ – Entreprises en difficulté
1. Qu’est-ce qu’une entreprise en difficulté ?
Une entreprise est considérée en difficulté lorsqu’elle rencontre des problèmes financiers, économiques ou opérationnels susceptibles de compromettre la poursuite de son activité. Ces difficultés peuvent se traduire par des tensions de trésorerie, des retards de paiement, une baisse d’activité ou un endettement important.
2. Quelle est la différence entre la cessation des paiements et les difficultés financières ?
Une entreprise peut rencontrer des difficultés financières sans être en cessation des paiements. La cessation des paiements correspond à l’impossibilité de régler le passif exigible avec l’actif disponible. Cette distinction est essentielle car elle détermine les procédures pouvant être mises en œuvre.
3. Quand recourir à un mandat ad hoc ou à une conciliation ?
Le mandat ad hoc et la conciliation sont des procédures préventives destinées aux entreprises qui souhaitent négocier avec leurs créanciers avant que leur situation ne se dégrade davantage. Elles permettent de rechercher des solutions amiables tout en bénéficiant d’un cadre confidentiel.
4. Quelle est la différence entre un redressement judiciaire et une liquidation judiciaire ?
Le redressement judiciaire a pour objectif de permettre la poursuite de l’activité de l’entreprise et l’apurement de son passif lorsque son redressement reste envisageable. La liquidation judiciaire intervient lorsque le redressement est manifestement impossible et conduit à la cessation de l’activité ainsi qu’à la réalisation des actifs.

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